Economie du secteur agricole



Pression foncière et concentration des exploitations

L'activité agricole est pratiquée sur une surface de 26 033 ha en 2005. Le foncier agricole est aujourd'hui une thématique sensible en Martinique : en 20 ans, la SAU a diminué de prés de 30%. Prés de 800 à 1000 ha par an sont détournés de l'usage agricole pour les besoins de l'urbanisation. A l'heure actuelle, différents outils ont été mis en place pour une meilleure gestion de la politique foncière du département et ainsi limiter l'érosion de la sole agricole.

Le nombre d'exploitations agricoles est de 3758 en 2005 contre 8039 en 2000. Les exploitations de moins de 5 ha représentent 73% des exploitations et 21% de la surface agricole. Ce sont ces exploitations qui disparaissent de manière soutenue (- 60% depuis 2000). Les exploitations de plus de 20 ha représentent 6% des exploitations mais détiennent 53% de la surface agricole. Leur nombre a quelque peu diminué depuis 2000 (- 17%) mais leur surface a peu varié (- 8%). Elles se sont agrandies. Les exploitations de 5 à 20 ha sont restées relativement stables en nombre et en surface depuis 2000.
La taille moyenne d'une exploitation martiniquaise est passée de 4 ha en 2000 à 7 ha en 2005.

Evolution des exploitations agricoles

Une production agricole dominée par la banane mais qui se diversifie

La valeur ajoutée agricole représente 4% de la valeur ajoutée totale du département. La culture de la banane génère l'essentiel de la valeur ajoutée agricole (43% contre 4% pour la filière cannière).
La production agricole en 2006

 

La bananeraie martiniquaise est localisée principalement au Nord Est de l'île. Depuis 1990, elle s'implante au Sud Est grâce à l'irrigation. Elle compte, en 2005, 751 exploitations sur 7 141 ha. La proportion de petites exploitations bananières est élevée (81% des exploitations ont moins de 10 ha) mais ne représente que 25 % des surfaces en bananes. Les grandes exploitations supérieures à 50 ha représentent 5% des producteurs , 41% des surfaces en bananes et 65% de la production. La restructuration des exploitations se poursuit avec la concentration de la production sur des exploitations plus importantes et la modernisation des outils de production. La production est en baisse mais devrait se stabiliser autour des 220 000 tonnes suite aux nouveaux accords de l'Organisation Commune du Marché (OCM) de la banane.

Répartition de la production agricole en 2007

La culture de la canne à sucre est la deuxième activité économique de l'île, avec une production assez dispersée. Le rhum bénéficie d'une AOC qui contribue à une meilleure valorisation économique du produit. Une seule sucrerie située au Galion produit environ la moitié de la consommation de sucre de la Martinique. 8 distilleries sont encore en activité.
En 2005, on compte 258 exploitations avec 3645 ha de canne à sucre. 80% de la production est concentrée sur 10% des exploitations (ayant plus de 10 ha de canne). Après une chute rapide et continue du nombre de planteurs, une certaine stabilisation est observable depuis le début des années 2000. La surface en canne est restée constante entre 2003 et 2005. Dans un marché actuellement porteur et de part la spécificité martiniquaise de production de rhum AOC, la production et la commercialisation de rhum sont amenées à poursuivre leur progression dans les années à venir.


Le cheptel martiniquais est en diminution excepté pour les ovins qui augmentent légèrement leur nombre de brebis mères. Le nombre des éleveurs diminue mais ce terme d'éleveur recouvre des réalités assez différentes car l'élevage est souvent l'une des activités de familles pluriactives. La population des éleveurs comprend une minorité d'éleveurs spécialisés et une majorité d'éleveurs- agriculteurs ou simplement de détenteurs d'animaux. Ce sont principalement ces détenteurs d'animaux qui diminuent fortement. Les élevages spécialisés restent stable et se professionnalisent progressivement (technicité d'élevage, modernisation de l'outil de production).
L'élevage a tendance à se concentrer dans le sud de l'île sauf pour le porc qui reste dominant dans le nord.
Le cheptel de l'île n'assure qu'une part très faible de l'approvisionnement en viande (23% de la consommation pour les bovins et 3,5% pour les ovins).

tableau


La production de fruits et légumes est essentiellement destinée au marché local. Seul le melon est en partie exporté.
La production est réalisée par environ 1200 producteurs et comprend les cultures légumières et maraîchères, les cultures vivrières et les cultures fruitières.
La surface consacrée aux cultures légumières est en moyenne de 1,8 ha pour une exploitation moyenne de 3,5 ha de SAU. Les exploitations ayant des serres ou des abris hauts sont peu nombreuses (une quarantaine d'exploitation pour un total de 10 ha).
Le marché martiniquais est loin d'être saturé par des produits locaux dont les qualités sont reconnues et appréciées des consommateurs. Bien que les surfaces et le nombre d'exploitations soient en diminution, des exploitations se professionnalisent au travers de structures spécialisées en production maraîchères/ vivrières et notamment le développement de la production sous serres qui permettra un approvisionnement régulier du marché local en quantité et qualité (planification des cultures, production toute l'année,…).

La production horticole se concentre essentiellement dans le centre et le Nord de l'île là où le climat est naturellement propice au développement de ces cultures. La production se fait soit en plein champ, soit sous abris.
Le département compte, en 2005, 128 exploitations ayant une activité fleurs et plantes ornementales sur une superficie de 104 ha (dont 12 ha de serres) et 16 pépiniéristes sur une surface de 20 ha. On distingue l'horticulture de type « jardin créole » (77% des exploitations ont moins d'un ha en cultures florales) et l'horticulture « organisée » qui concerne des exploitations disposant de moyens de productions opérationnels et possédant un réseau de commercialisation relativement développé (8% des exploitations détiennent 40% des surfaces en cultures florales).
La commercialisation se fait à 90% sur le marché local (marché traditionnel, fleuristes, grandes et moyennes surfaces, jardinerie, marché touristique). Quelques producteurs isolés maintiennent une activité à l'export, essentiellement sur le marché métropolitain, mais le fractionnement de l'offre ne permet pas de satisfaire les besoins des grossistes.
Depuis 2007, un pôle d'excellence rurale a été lancé sur le site horticole du Petit Galion avec pour objectif de fédérer les exploitations horticoles et développer l'exportation de fleurs coupées tropicales.

DAF - Tous droits réservés © 2008